Lorsque le temps fut venu de choisir les compétences transversales qui seraient évaluées cette année par les enseignants du premier cycle à mon école, la première qui fut mise de côté fut la compétence TIC, très significatif à mon avis du degré d'intégration des TIC à l'enseignement et à l'apprentissage. Mon école est pourtant l'une des mieux pourvues en matériel informatique et le niveau d'utilisation est assez élevé mais encore une fois je suis persuadé que le nombre d'appareils et le nombre d'heures d'utilisation du matériel ne rime pas nécessairement avec intégration véritable.
05 décembre 2006
01 décembre 2006
La réforme et les futurs maîtres
Tout le débat actuel concernant la réforme de l'éducation a un impact certain sur la formation des futurs maîtres. Sortis tout droit du moule des anciens programmes par objectifs, ces futurs enseignants doivent déjà lors de leur formation remettre en question des modèles que plusieurs croyaient immuables. En effet, pourquoi mettre de côté des programmes et des méthodes qui leur ont permis d'atteindre l'université se demandent-ils fort logiquement ? Le discours actuel sur les supposés ratés de la réforme et le peu d'attention accordée aux connaissances ajouté aux valses hésitations du MELS ne font que renforcer chez plusieurs étudiants le sentiment que ces nouveaux programmes sont mal adaptés et mènent une génération d'élèves à l'ignorance. Je suis toujours surpris de voir à quel point mes étudiants qui en sont pourtant à leur deuxième année du bac. abordent l'étude du programme avec méfiance et inquiétude et je suis particulièrement heureux et satisfait à la fin de la session lorsque la majorité d'entre eux quittent le cours convaincus que le programme de géographie du premier cycle du secondaire est riche en contenu, qu'il présente de nombreux défis aux élèves et qu'il est adapté au monde dans lequel ils vivent.
27 novembre 2006
Les connaissances (suite)
Quel est le problème avec ces connaissances qui suscitent autant de discussion ? En vrac ci-dessous quelques idées, questions et commentaires.
- Le fait qu'elles ne soient plus au devant de la scène donne peut-être l'impression qu'on les néglige, qu'elles sont accessoires.
- Se pourrait-il que des enseignants négligent les savoirs essentiels et que leur situation d'apprentissage ne reposent sur aucune assise solide ?
- J'ai rarement entendu lors des formations et des perfectionnements reçus qu'il fallait privilégier les savoirs essentiels comme prémisses au développement des compétences.
- Le fait que certains programmes ne prescrivent aucun savoir essentiel n'aide certainement pas à donner de l'importance aux connaissances.
- L'enseignant doit se livrer à un important travail d'identification des savoirs essentiels lors de l'élaboration des SA, il doit s'assurer de leur intégration par les élèves et créer des évaluations formatives afin que l'élève situe son niveau de maîtrise de ces savoirs. Il doit aussi s'assurer que l'élève aura recours à ces savoirs dans le développement des compétences
- Les connaissances ne sont plus évaluées de façon formelle, ne devrait-on pas revenir à une double évaluation soit une évaluation systématique et rigoureuse des savoirs essentiels en plus de l'évaluation des compétences ?
- L'évaluation des savoirs ne devrait pas servir à juger du succès de l'élève.
- Quelle justification donnerait-on à cette évaluation des savoirs essentiels dans la logique du développement des compétences?
18 novembre 2006
Les fameuses connaissances
Un des reproches le plus entendu et le plus couramment utilisé par les opposants à la réforme scolaire est que l'on enseigne de moins en moins les connaissances de base afin de faire place aux compétences. Mais comment peut-on arriver à développer des compétences sans ces savoirs essentiels qui sont le point de départ de toute démarche d'apprentissage ?
J'enseigne depuis 24 ans et j'ai toujours privilégié la transmission de connaissances dans mon enseignement que ce soit pour l'atteinte des objectifs des programmes ou actuellement pour permettre le développement des compétences. Au début de ma carrière la question ne se posait même pas, il fallait transmettre à l'élève et de manière explicite des connaissances, et l'évaluation suivait pour vérifier la maîtrise et la compréhension de ces connaissances par l'élève. Au fil des ans je n'ai jamais remis en question l'importance des savoirs essentiels mais j'ai revu assez tôt les méthodes d'acquisition des connaissances par l'élève et la place et le rôle de l'évaluation dans une démarche d'apprentissage.
Instinctivement et sans connaître les grands principes du socio-constructivisme j'ai vu l'importance de confier à l'élève certaines responsabilités afin qu'il cherche et trouve lui-même les connaissances, une démarche toujours encadrée et supervisée de près par l'enseignant. L'évaluation quant à elle est devenue un repère pour situer l'élève dans son apprentissage mais aussi un moyen pour lui apprendre à utiliser ces savoirs nouvellement acquis, l'évaluation donnait ainsi tout son sens aux savoirs.
Je connais un peu les programmes de l'univers social du primaire et depuis septembre j'enseigne le programme de géographie à des élèves de 2e secondaire et je peux affirmer sans l'ombre d'un doute que les savoirs essentiels sont incontournables et qu'ils sont essentiels entre autres aux développement des compétences. En fait l'élève ne pourrait absolument pas développer l'une ou l'autre des trois compétences de ce programme sans avoir au préalable cherché, trouvé, reçu, intégré des savoirs essentiels et avoir une idée claire et précise de son niveau de maîtrise de ces savoirs. Alors quel est donc le problème avec ces connaissances ? J'ai quelques idées à ce propos que je vous livrerai dans mon prochain billet.
16 novembre 2006
Je suis las !
Je suis une fois de plus de retour dans le monde des carnetiers en éducation. Triste retour en fait puisqu'il coincide avec la vaste offensive du mouvement Stoppons la réforme qui vise à mettre fin à l'implantation de la réforme au secondaire, à cette voix s'est jointe celle du Collectif pour une éducation de qualité qui militait en ce sens depuis déjà quelques temps ainsi que celles de parents d'élèves. Conférence de presse, couverture médiatique mur à mur, site web, sollicitation des parents pour qu'ils signent une pétition, on a pas lésiné sur les moyens afin de convaincre la population qu'il y a danger en la demeure et qu'il faut arrêter immédiatement ce gâchis. Quelques soient les intervenants le message est le même ... 1- Il faut revenir à l'enseignement des connaissances qui sont laissées de côté. 2- L'évaluation ne rend pas compte du cheminement de l'élève et est impossible à gérer par l'enseignant. 3- Une génération est actuellement sacrifiée sur l'autel de la réforme.
Je suis loin de leur donner tort sur tous les points et particulièrement en ce qui regarde l'évaluation qui reste le maillon faible de cette réforme et qui force l'enseignant à faire ce qu'il peut avec les moyens qu'il a, c'est à dire des miracles avec pas grand chose, mais c'est la façon et le ton qui me hérisse. Je regardais et j'écoutais ces gens au journal télévisé et un profond malaise me gagnait. Ce ton bien pensant qui sait ce qui est bon ou mauvais pour nos élèves et leurs parents, cette certitude inébranlable que le retour à ce qu'on a laissé de côté règlerait tous les problèmes, ce discours moralisateur, lucide ....... et l'absence des profs, encore et toujours. Universitaires, philosophes, journalistes, syndicalistes, tous nous disent que les profs sont d'accords avec eux; rien n'est moins certain cependant.
Mon prochain billet traitera de ces connaissances qu'on laisse tant de côté mais que je n'ai pourtant jamais autant enseignées, mais pas tout de suite car tout ce que j'ai lu et entendu aujourd'hui sur le sujet me rend las, terriblement las.
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