16 novembre 2006

Je suis las !

Je suis une fois de plus de retour dans le monde des carnetiers en éducation. Triste retour en fait puisqu'il coincide avec la vaste offensive du mouvement Stoppons la réforme qui vise à mettre fin à l'implantation de la réforme au secondaire, à cette voix s'est jointe celle du Collectif pour une éducation de qualité qui militait en ce sens depuis déjà quelques temps ainsi que celles de parents d'élèves. Conférence de presse, couverture médiatique mur à mur, site web, sollicitation des parents pour qu'ils signent une pétition, on a pas lésiné sur les moyens afin de convaincre la population qu'il y a danger en la demeure et qu'il faut arrêter immédiatement ce gâchis. Quelques soient les intervenants le message est le même ... 1- Il faut revenir à l'enseignement des connaissances qui sont laissées de côté. 2- L'évaluation ne rend pas compte du cheminement de l'élève et est impossible à gérer par l'enseignant. 3- Une génération est actuellement sacrifiée sur l'autel de la réforme.
Je suis loin de leur donner tort sur tous les points et particulièrement en ce qui regarde l'évaluation qui reste le maillon faible de cette réforme et qui force l'enseignant à faire ce qu'il peut avec les moyens qu'il a, c'est à dire des miracles avec pas grand chose, mais c'est la façon et le ton qui me hérisse. Je regardais et j'écoutais ces gens au journal télévisé et un profond malaise me gagnait. Ce ton bien pensant qui sait ce qui est bon ou mauvais pour nos élèves et leurs parents, cette certitude inébranlable que le retour à ce qu'on a laissé de côté règlerait tous les problèmes, ce discours moralisateur, lucide ....... et l'absence des profs, encore et toujours. Universitaires, philosophes, journalistes, syndicalistes, tous nous disent que les profs sont d'accords avec eux; rien n'est moins certain cependant.
Mon prochain billet traitera de ces connaissances qu'on laisse tant de côté mais que je n'ai pourtant jamais autant enseignées, mais pas tout de suite car tout ce que j'ai lu et entendu aujourd'hui sur le sujet me rend las, terriblement las.

5 commentaires:

Mario Asselin a dit...

Que de plaisir de vous relire sur la Toile... Vous nous manquiez.

Pourriez-vous vérifier le fil de nouvelles?

lyonelk a dit...

J'avais pris plaisir à découvrir votre site consacré à votre enseignement et à vos élèves.
Je me réjouis de vous lire sur ce nouvel espace.

François Guité a dit...

Nous sommes sur la même longueur d'onde. J'ai d'énormes réserves par rapport à la réforme, mais qui sont davantage de l'ordre de la gestion. Sur le fond, la réforme est un grand pas en avant.

Ce qui ne veut pas dire qu'il faut balayer du revers de la main les arguments de ses opposants. Au contraire, il faut voir comment ils peuvent servir à bonifier la structure de la réforme. Dire que les positions sont incompatibles relève de l'entêtement. Parlant d'idée fixe, celle d'uniformiser le programme de formation pour l'ensemble des élèves de la province (à peu de choses près), sans tenir des besoins particuliers, est une erreur à mon avis.

Il ne faut pas se le cacher, l'implantation de la réforme est une affaire de gros sous. Après tout l'argent investi par le MELS dans son implantation, je doute fort qu'il soit très chaud à l'idée de stopper les machines. Les sommes nécessaires pour revenir en arrière sont considérables. Un mauvais argument, certes, mais néanmoins terre-à-terre.

P.-S. Content de vous savoir de retour. On n'est pas de trop :-)

Christian Jacomino a dit...

Je ne sais pas (encore) qui vous êtes, mais je vois que vous êtes recommandé par Mario Asselin et François Guité. J'installe donc votre blog en lien permanent sur mon site. Et je ne manquerai pas de vous lire souvent.

Anonyme a dit...

ce que je cherchais, merci